Docteur Pierre NAHON
Principe de l'intervention
Le sein est en gros une structure conique constituée à l'intérieur par la glande mammaire, recouverte à l'extérieur par la peau et chapeautée à son sommet par la plaque aréolomamelonnaire pigmentée, élastique et contractile.
Si la glande détermine le volume du sein, la forme proprement dite est tributaire du positionnement de ce volume et de ses rapports avec la peau.
Le sein normalement ne crée pas une saillie arrondie dans sa partie supérieure, le mouvement naturel à ce niveau dessine une pente douce qui remonte légèrement pour projeter le mamelon vers l'avant. La partie inférieure du sein est par contre galbée du bord inférieur de l'aréole jusqu'au sillon sous mammaire.
L'effet de seins pigeonnant s'il est agréable à la vue dans
un décolleté n'est pas du tout souhaitable la poitrine nue,
car correspond à une inversion de l'aspect naturel du sein. La saillie
des quadrants supérieurs est obtenue par le soutien gorge qui appuie
et soulève la glande vers le haut.
Le positionnement du volume et son homogénéité est donc un élément capital sur lequel vient se mouler parfaitement la peau.
C'est l'exacte adaptation contenant /contenu qui procurera une belle forme.
Les techniques de plasties mammaires sont nombreuses,
certaines très anciennes et complètement dépassées
d'autres plus récentes et ambitieuses, mais quatre faits sont bien
établis:
-La célèbre cicatrice en T inversé peut quasiment toujours
être évitée quelque soit le degré de ptôse
ou d'hypertrophie.
-La réaction péri-prothétique déformante a considérablement
diminuée garce aux nouvelles parois des prothèses.
-Les fuites de gel de silicone n'existent plus avec les gels cohésifs.
-La volonté de pouvoir allaiter peut être respectée
dans tous les cas.
Quatre grandes situations peuvent se présenter:
Le cône mammaire est surdimensionné
et en position debout il est impossible qu'il tienne. Le sein capote donc
au dessus du sillon sous mammaire la plaque aréolomamelonnaire est
descendue et regarde vers le bas.
Il faut diminuer et repositionner le volume puis adapter la peau en faisant
les cicatrices les moins longues mais en obtenant la forme la plus harmonieuse.
Entre la cicatrice finale en T inversé immense et la cicatrice périaréolaire
unique qui laisse des grosses aréoles cicatricielles et une forme
pas toujours satisfaisante, (le cône mammaire étant en fait
décapité et non réduit dans tous ses paramètres
donne un sein aplati) se situe une solution intermédiaire.
Elle associe une cicatrice périaréolaire sans aucune tension
plus une verticale se terminant dans le sillon sous mammaire en dehors sans
jamais sortir du sein.
Ce qui signifie que la région interne des seins et la partie basse
de l'aisselle sont indemnes de cicatrices. Le volume des seins opérés
diminue.
La glande est remodelée, repositionnée et conservée intégralement. La peau est réadaptée selon les mêmes principes, cicatrices périaréolaire et verticale sont nécessaires en cas d'excès cutané important. Le volume des seins ne change pas.
C'est la mise en place d'un implant mammaire. Quelque soit la solution de remplissage de l'implant une excellente qualité de résultat peut et doit être obtenu.
L'utilisation des dernières prothèses permet dans tous les cas même ceux plus difficiles de thorax complètement plats chez des femmes très minces de créer une poitrine naturelle sans avoir un implant visible.
Il existe une gamme très variée d' implants qui donne un choix
de bases, de hauteurs et d'épaisseurs des différents compartiments
du futur sein qui fait que cette augmentation de volume devient en fait
une véritable reconstruction très satisfaisantes d'autant
plus qu'elle ne laisse pas de cicatrice visible.
Plus l'implant est sophistiqué, plus sa pose devra être précise puisqu'ayant une forme particulière il ne tolère qu'une seule et bonne position.
Les voies d'abord les plus esthétiques sont la voie aréolaire, la voie axillaire (dans l'aisselle) et la voie sous mammaire.
La voie axillaire implique que la dissection de la poche d'implantation
surtout en dedans se trouve loin de l'incision. L'hémostase et la
mise en place de l'implant ne se font pas complètement sous contrôle
de la vue. Le risque d'hématome post opératoire est un peu
plus élevé.
Les autres voies permettent une dissection, un contrôle de l'hémostase
et un positionnement de l'implant parfaits. Les cicatrices qu'elles laissent
sont le plus souvent invisibles. Le volume des seins augmente.
Il s'agit de seins dont la glande a disparue après deux ou trois grossesses et dont la peau distendue par ces mêmes grossesses aggrave encore la désadaptation contenant/contenu.
Si l'excès cutané n'est pas très important il peut être compensé par la mise en place d'une prothèse seule. Par contre si la ptôse est trop importante l'implant unique sera insuffisant et une plastie cutanée deviendra nécessaire.
Il n'est pas souhaitable de mettre l'implant le plus volumineux possible pour tenter absolument de compenser l'excès cutané.
La poitrine risque alors d'être très grosse et toujours aussi tombante.
Il vaut mieux choisir l'implant le plus adapté, le mettre en place comme pour une augmentation simple, et faire la plastie cutanée pour corriger la ptôse.
Dans tous les cas les deux interventions faites dans le même temps opératoire ne communiquent pas.
La prothèse est mis en premier dans sa poche qui est refermée, ce qui signifie que pendant tout le temps de la plastie cutanée l'implant est parfaitement protégé et jamais exposé.
La plastie cutanée laissera soit une cicatrice péri aréolaire
simple soit associée à une verticale courte. Le volume des
seins augmente.
Voir aussi: Les variations isolées de la plaque aréolo mamelonnaire, La gynécomastie
-
Dessins sur la patiente debout.
- Anesthésie générale.
- Durée: 2 heures.
- Intervention sous contrôle de la vue permettant une dissection et
une hémostase parfaites.
- Pas de drainage ou petits drains aspiratifs sortants dans l'aisselle.
- Sutures résorbables et quelques points à retirer.
- Pansement rembourré moyennement serré (bandes Velpeau).
- Hospitalisation: 24 heures.
- Au
quatrième jour, ablation des points séparés, la bande
est remplacée par un soutient gorge (classique du commerce) à
la bonne taille, quelques compresses sont glissées à l'intérieur
pour protéger les incisions, activité normale.
- Douches à partir du cinquième jour.
- Soutient gorge jour et nuit pendant 15 jours
- Sensations normales 2 à 3 mois.
Le résultat d'une plastie mammaire
Les
seins quelque soit la situation de départ peuvent après l'intervention
apporter une grande satisfaction.
En cas de restauration de volume simple l'absence de cicatrice visible et
la forme parfaitement naturelle en font une intervention de chirurgie esthétique
assez stupéfiante. L'intégration des prothèses se fait
petit à petit, le temps que la réaction à corps étranger
s'organise complètement. Les seins qui peuvent être tendus
au début s'assouplissent progressivement. Les patientes oublient
vite qu'elles portent des implants mammaires.
Inconvénients
Dans
les augmentations les inconvénients sont liès aux implants
eux-mêmes. Rétraction péri prothétiques, ruptures,
rotations surviennent dans 3% des cas.
Les cicatrices des plasties cutanées réduites à la
zone du sein ne sont plus un inconvénient majeur.
Si elles ne sont pas parfaitement fines elles peuvent toujours être
corrigées sous anesthésie locale en ambulatoire .