Docteur Pierre NAHON

Chirurgien
Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique


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Augmentation mammaire réalisée 2 fois avec implants PIP
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21 décembre 2011

C’est aux chirurgiens qui ont posé les prothèses PIP de les enlever gratuitement

Pourquoi un chirurgien qui ne connait pas une patiente devrait-il réparer gracieusement les "maladresses de ces confrères" ?
Depuis cette affaire de prothèses, la marque PIP a bon dos pour encaisser tous les malheurs du monde. Elle joue un peu le rôle de bouc émissaire.
« Les prothèses sont responsables de cancer ! Ce sont de véritables bombes à retardement ! Les porteuses sont toutes menacées d’une mort imminente ou certaine ! »
Les médias et les autorités se font volontiers l’écho de ces drames. Des patientes viennent pleurer à la télévision afin qu’on les prenne en charge pour leur refaire une belle poitrine.
C’est tout de même un peu gros et je ne pense pas que le problème soit si grave même si encore je le répète, je n’ai jamais posé un seul implant PIP.

RIEN NE PROUVE QUE LE SILICONE MEME DE MAUVAISE QUALITÉ PROVOQUE UN CANCER.
Mais les études scientifiques faites à ce jour montrent qu’en cas de problème le cancer (plus spécifiquement le lymphome) se développe dans l’enveloppe péri-prothétique ce qui veut dire que pour être raisonnablement sûr de rendre service aux patientes, il vaudrait mieux l’enlever.
Or aujourd’hui la plupart des chirurgiens y compris au sein de la commission de l’afssaps disent qu’il suffit de quelques minutes pour changer ces implants, ce qui veut probablement dire que seul l’implant est retiré et que la capsule reste en place.
Cette attitude n’est pas totalement logique et ne règle pas le problème.
Dans l’état des connaissances actuelles et "conformément aux données de la science" il vaut peut-être mieux faire une intervention plus longue et moins facile et se donner toutes les chances de régler ce problème, qui est avant tout un problème de santé et qui pourrait donc ressurgir plus tard.
Si l’on considère et c’est le cas aujourd’hui en France qu’il y a un risque avec les implants PIP, il faut peut-être traiter ce risque comme il se doit et il semble alors nécessaire de faire l’ablation des capsules péri-prothétiques avec les implants.


Si cette logique semble trop implacable pour certains on peut rappeler que les chirurgiens esthétiques sont soumis a une obligation d’informations renforcée. Il doivent signaler à leurs patients tous les risques y compris les risques exceptionnels. Ils doivent donc signaler ce risque exceptionnel de lymphome et prothèses connu depuis 2010. La patiente alors pourra éventuellement décider si elle souhaite ou non garder les enveloppes de ses prothèses. C’est précisément ce que la loi à laquelle nous sommes tous soumis appelle LE CONSENTEMENT ÉCLAIRÉ !
_ [1]

C’EST AUX CHIRURGIENS QUI ONT POSÉ DES PROTHÈSES PIP DE PRENDRE EN CHARGE LEURS PATIENTES SANS DEMANDER D’HONORAIRES SUPPLÉMENTAIRES.

S’ils ont posé ces prothèses ils ne peuvent en aucun cas se décharger de leur responsabilité vis-à-vis de ces femmes, quelles que soient les fautes du fabricant.
En l’absence de solvabilité de ce dernier, c’est bien à eux de retirer et remplacer ces prothèses sans demander d’honoraires.
Pourquoi un chirurgien qui n’a jamais mis une prothèse de ce genre devrait-il réparer les agissements des autres ? Par solidarité me diriez-vous en ces temps difficiles ? Pourquoi pas d’autant plus que se posent pour beaucoup de patientes un problème de confiance à retourner vers le poseur initial.
Il faut cependant et malheureusement dire que sur les milliers de paires posées pour raison purement esthétique plus de 50% l’ont été en dépit du bon sens, comme pour toutes interventions de chirurgie esthétique.
Mauvais positionnement par rapport à la glande ou au muscle pectoral, mauvais positionnement par rapport à la ligne médiane, au sillon sous mammaire et aux aréoles. Mauvaises tailles, mauvais choix de la forme de l’implant, de la voie d’abord etc.
Ce qui veut dire que toutes ces porteuses qui ont en plus des implants PIP, des résultats esthétiques insatisfaisants, ne le doivent pas à l’implant lui-même mais ne sont pas contre un petit coup de pouce financier lié à cette affaire.
Si un simple changement d’implant demande 1/2 heure d’intervention,
quand il faut donc réopérer ces patientes, il faut certes changer les implants de mauvaise qualité mais il faut surtout réparer toutes les autres causes responsables du mauvais résultat.

  • Réfléchir au choix précis des nouveaux implants.
  • Réaliser l’ablation complète de la capsule péri prothétique en même temps que l’implant PIP.
  • Refaire une loge d’implantation différente.
  • Enlever les cicatrices de la première intervention qui d’ailleurs n’est souvent pas la première, mais la deuxième ou la troisième.
  • Assurer le suivi de la patiente en cas de complications éventuelles.
  • Endosser la responsabilité juridique du résultat esthétique de cette dernière intervention.
  • Au total 1h30 à 2 heures de procédure.
    Je ne vois donc pas pourquoi un chirurgien qui n’a rien eu à voir ni de prés ni de loin avec les prothèses PIP et qui a devant lui, pour la première fois, une patiente opérée par un autre devrait lui faire une intervention secondaire, qui peut s’avérer complexe, gracieusement.
    Il vaut bien mieux pour lui, dans ces conditions, ne pas l’ opérer.

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