Docteur Pierre NAHON

Chirurgien
Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique


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le pouvoir de création du chirurgien esthétique
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30 mai 2011

La piel que habito : le pouvoir de création du chirurgien esthétique.

Le souci de valorisation de l’homme par le pouvoir de création est une des composantes du métier de chirurgien esthétique.
Le chirurgien responsable d’une opération de chirurgie esthétique entreprend un acte de création. De ses mains, avec le consentement de son patient, il modifie, construit, modèle des formes humaines, dont les conséquences sont majeures sur la vie de l’individu qu’il transforme.
Ce pouvoir de transformation est très valorisant et monte rapidement à la tête des mauvais chirurgiens esthétiques.
Sans un respect profond et un contrôle absolu de ses compétences pour le bien des patients, le chirurgien qui s’en sert pour sa satisfaction personnelle, prend des risques considérables pour eux.
S’il ne s’efface pas totalement derrière ce pouvoir, pour ne prendre en considération que la stricte demande du patient et la manière d’y répondre le plus précisément possible, il commet alors un abus, source de toutes les dérives avec les tristes conséquences que nous voyons quotidiennement.
Fasciné par sa création, le chirurgien esthétique déséquilibré oublie le patient et a tendance à tout modifier, tout opérer, se croyant plus fort que Dieu lui-même.
Cet excès de création, bénéfique pour un cinéaste , est une catastrophe pour un chirurgien, et surtout pour ses « victimes » en l’occurence ces patients.
Ce pouvoir, excessif et abusif, n’est que le fruit de l’incompétence de praticiens peu ou pas formés à la chirurgie.
Le praticien qui n’a pas voulu satisfaire à l’apprentissage long et difficile de la chirurgie a bien plus de mal à contrôler cette responsabilité énorme qu’il tient certes entre ses mains mais que contrôle son cerveau. Il ne l’a pas apprise et ce même cerveau ne l’ayant pas intégrée ne la contrôle pas.
Ces pseudo-chirurgiens autoproclamés, s’enivrent même doublement de ce pouvoir de valorisation. Ils s’octroient d’un seul coup la qualification de chirurgien, comme s’ils étaient naturellement plus fort que les autres. Ils misent sur des soit disant capacités à opérer aussi bien, voire mieux, sans formation, sur de simples dons hérités.
Quand ils opèrent, cependant, aveuglés par leur pseudo réussite, ils n’ ont aucune conscience de leurs résultats, toujours désastreux.
Abuser d’un pouvoir de création en y étant formé, pour son propre plaisir, est déjà grave. S’en servir en dépit du bon sens pour sa satisfaction personnel, en se croyant toujours plus fort que les autres, est une perturbation psychique hautement préjudiciable pour les patients.


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