Docteur Pierre NAHON

Chirurgien
Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique


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la chirurgie aux lourdes conséquences
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4 août 2012

La détresse des patients de chirurgie esthétique manipulés

EXPOSÉ D’ANGÉLIQUE DEVANT LE CONSEIL DE L’ORDRE DES MÉDECINS, EN TANT QUE TÉMOIN

Mesdames, Messieurs,

Il y a presque 3 ans, j’ étais une femme heureuse de vivre, bien dans ma peau. Jamais, oh ! grand jamais, je ne pensais que les portes de l’enfer allaient s’entrouvrir et que j’allais me faire opérer le visage dont j’aimais particulièrement la peau et le regard.

Il a fallu une petite phrase, insidieuse, lancée à la légère, d’une esthéticienne, « recruteuse » d’un médecin de chirurgie, dite « esthétique », en fait, « destructrice », le Docteur O, pour que je vacille dans la folie : « vous devriez vous faire opérer les paupières supérieures », me dit-elle.

Je pense qu’une autre que moi, moins enfermée dans sa solitude, à l’identité moins fragile, n’y aurait prêté attention. Je me savais belle, par mon propre regard et celui des autres.
Malgré cela, j’ai commencé à consulter : tous ceux de la télévision. C’est toujours l’épouvantable complicité des médias dont l’éthique est la dernière des préoccupations, incessantes émissions sur cette chirurgie , nomination indulgente des médecins, favorisant aisément la venue de clients : Dr M, (dont j’appris plus tard après l’opération, par un ami commun, qu’il en reconnaissait volontiers le non-sens, l’imposture même), S.O, S.S, tous voulaient m’opérer les paupières, « haut et bas », me lifter aussi, pour O. La politique de conditionnement était bien en marche.
M’interrogeant cependant sur l’opportunité d’une telle opération, je suis allée le 12 Janvier 2000, à la clinique Ste S., consulter J.F (pardonnez- moi, je ne peux le nommer « Docteur »), l’ayant très souvent vu dans l’émission de M.C, « le Journal de la Santé », sur la Cinquième et sur LCI, invité de J-FR. , émissions, dont j’ai les cassettes à votre disposition, ayant été très fréquemment rediffusées, récemment encore, dans lesquelles J.F., avec un certain charisme, apparaissait comme un homme honnête, sérieux. Dans l’un des reportages sur F., découvert après l’opération, figurait aussi une interview d’un médecin américain insistant sur l’extrême danger du laser.
J.F. me reçut 15 à 20 minutes maximums. Sa première question concernait la façon dont j’ appris sa connaissance. Je lui dis bien sûr, par la télévision, et naïvement, les sentiments positifs qu’ il inspirait. Il semblait très satisfait de ses passages et de son ascension de « star » télévisuelle. J’ajoute que durant les 20 jours préopératoires, il a été interviewé 2 ou 3 fois.
A peine avais-je prononcé le mot « paupière » ( c’est bien sûr le tort que j’ ai eu), il m’ interrompit aussitôt ; je comprends aujourd’hui qu’il s’agissait d’une tactique : « vous avez absolument besoin de vous faire opérer les paupières » me dit-il. Aucune question sur mes interrogations ou sentiments personnels concernant mon physique, sur ce que j’ en attendais, sur mes souhaits, aucune précision sur les raisons et les bienfaits de l’opération.
Je n’étais pas venue le voir pour me faire opérer, j’ étais, je le répète, venue car le pensant plus honnête que les autres, il me dirait la vérité quant à l’indication opératoire qu’ils m’avaient proposée et son avantage pour moi. « Le bas, aussi ? » lui dis-je, « oui », me répondit-il, il le faut. J’appris plus tard, par des lectures médicales, que c’est essentiellement dans l’oeil globuleux graisseux qu’une telle pratique peut être faite, car, bien sûr, la graisse soutient la peau et s’il y en a très peu, comme pour moi, l’ectropion est quasi inévitable.
Je lui tendis alors des photos de moi, plus jeune et très récentes, qu’il ne m’avait pas demandées, qu’il regarda nonchalamment, sans dire un mot, photos à votre disposition, loin d’être désagréables à regarder. Son expression, par contre, semblait largement attester le contraire. Peu habituée à cette réaction, un sentiment malgré tout, de doute, sur mon physique, m’envahit, j e me sentais soudain « vieille » .
Je luis fis remarquer, en lui montrant une photo à l’âge de 16 ans, que j’avais déjà les paupières allongées, recouvrant naturellement l’ oeil. Il restait toujours silencieux.
Je lui dis alors que le Docteur S.S. devait m’opérer dans les 15 jours suivants, que je lui avais versé une caution de 4 000 € .
F., brutalement, dénigrant S., me dit qu’il n’avait pas le droit de me demander une caution, que c’était interdit par la loi, que je devais me faire rembourser. Puis il ajouta : « il vous faut du laser », sans en préciser le nom, j’ignorais qu’il en existait différents types.
Je lui dis combien ma peau était fragile, que j’en prenais grand soin, ne fumais pas, n’ allais jamais au soleil, terriblement nocif pour moi, que j’ avais très peu de rides, très peu de graisse sous les yeux. Je lui dis que S. m’avait précisé qu’étant donné la fragilité de ma peau, il n’utiliserait pas de laser. F. me dit, d’un ton ironique, qu’il m’avait dit cela car il n’ en avait pas.
J’appris par la suite que cela était faux, que S. lui avait même demandé de lui enseigner la pratique du laser, ce qu’il avait fait.
Je comprends aujourd’ hui qu’il lui fallait rentabiliser sa machine, se différencier de S., quitte à me proposer une technique, pour moi, très contre-indiquée afin qu’il réalise l’opération.
Il insista sur le laser. Répondant à ma question, il me dit, avec la plus grande assurance, qu’aucun test n’était nécessaire et qu’il n’y avait pas de risque de dépigmentation. A aucun moment, il ne prononça le mot « décapant » ; il ne me dit jamais ses dangers. Je sais aujourd’hui qu’il a totalement été abandonné aux États-Unis, au regard de ses terribles ravages sur la peau : brûlures graves, rétractation et destruction des fibres, de l’élastine, du collagène, pouvant provoquer une nécrose cutanée, la mort du tissu cellulaire, avec oedème facial définitif.
Jamais un mot sur les risques importants de fonte de graisse, l’extrême chaleur du laser creusant considérablement la peau, l’ amincissant, l’amollissant, la fripant avec de nouvelles rides apparentes, dues à ses striures. Aucun signalement sur la destruction du derme naturel, du « grain de peau » qui dans mon cas était sans reproche, que je voulais à tout prix préserver. Bref, aucune mise en garde révélant que ma peau pourrait être aussi gravement atteinte.
Je lui dis alors que S. pensait m’opérer la paupière inférieure par cicatrice externe. F. me dit qu’il avait tort, que cela provoquait l’ectropion, qu’il fallait le faire par voie transconjonctivale, sans cicatrice externe, mais sans me préciser que celle- ci serait interne. Je luis dis que je savais cette technique, par mes lectures, réservée aux personnes jeunes. Il nia. Concernant ma question sur les risques d’ectropion il ne m’ avertit pas que le décollement de la paupière, accentué par le laser, pouvait provoquer des dégâts irréversibles, en la retournant, la décollant du globe oculaire et la faisant pendre. Le « Hors Série » de « Que Choisir » précise bien les dangers du laser associé à une liposuccion.
Il ne me précisa pas que la graisse serait ôtée avec un bistouri laser, que celui-ci serait aussi appliqué presque au ras des cils, ce qui a été la cause des cils brûlés, de ma baisse de vision de près, passée de + 1 à + 2,25 après l’ opération. Il m’assura au contraire, lui ayant demandé, que ma vue ne courait aucun risque.
Il ne me dit pas qu’une blépharoplastie supérieure consistait aussi à ôter de la graisse et du muscle. Je ne l’ai appris qu’après l’opération en lisant le compte-rendu opératoire, obtenu très difficilement au bout de 6 mois.
Enfin il se leva et m’effleura la joue du bout d’un doigt. Aucune photo ne fut prise, (ni même après l’opération), contrairement à ce que précise une page de son « consentement » dit « éclairé », puisqu’il me demanda une des miennes post- opératoires.
Il ne fit aucune analyse morphologique de mon visage, de mes traits physiques. Je lui demandais si des risques de voir changer mon expression, la profondeur de mon regard, la forme de mes yeux, ma cicatrice d’ enfance pouvaient exister, ces points pour moi étant essentiels. Il rn ’ assura qu’en aucun cas, ils ne seraient modifiés. Il me promit que les cicatrices ne seraient pas apparentes et ne se situeraient que dans le milieu du pli palpébral supérieur. Jamais, il ne me dit que couper de la peau allait provoquer une ptose des sourcils avec asymétrie, modification aussi de l’ aspect frontal, l’ éclatement des vaisseaux, (télangiectasies), définitif
Puis il me présenta sa secrétaire, M-C.F., opérée soi-disant de la même opération, « Blépharoplastie supérieure et inférieure », avec laser, un mois avant. Elle était resplendissante. Je précise que la secrétaire de S. avait, elle aussi, été opérée des paupières supérieures, 3 ans auparavant. En la voyant, mes doutes quant à F. s’atténuèrent ; répondant à ma surprise de voir les cicatrices totalement invisibles, elle me dit qu’elles disparurent très vite, en une semaine, précisa- t-elle, pas de vaisseaux éclatés, de rougeurs, de poches ou oedème facial, pas de différence de pigmentation, denne naturel intact, une peau très mate : le laser, je l’ appris plus tard, étant vigoureusement déconseillé aux peaux mates, par risque de dépigmentation.
Elle était cependant très maquillée, fait surprenant, après une opération datant d’un mois et assez ridée autour des yeux. Lorsque je lui fis remarquer, elle me dit qu’elle avait plus de rides avant. Aucune marque, je le répète, d’une opération très récente. Je lui demandai une photo préopératoire, elle me dit qu’elle n’en avait pas. T.H., autre victime, ici présente, dont F. a également brisé la vie, parmi plusieurs, je le sais, en lui appliquant du laser associé à une injection de graisse dans les paupières inférieures, provoquant des poches et un excès graisseux définitif, pense comme moi, que M-C. F., secrétaire de F., n’a jamais été opérée.
Il faut que vous compreniez que les questions que j’ai posées à F. étaient liées à l’état de mes connaissances, toujours plus limitées, bien sûr, que celles du chirurgien. En fait, dès le départ, c’est la relation « victime à bourreau ». Le « client » et non pas le « patient » , n’étant pas médecin, ne peut imaginer toutes les conséquences post-opératoires.
Sur le « consentement » de l’ acte, le paragraphe « complications » était un des plus courts, « complications » rédigées sous forme de généralités . F., contrairement à ce qui est écrit, ne me les a jamais exposées, n’a jamais devancé oralement les terribles résultats de son opération. Ce « consentement » insistait beaucoup plus sur la « législation », les « devoirs » du « client », face au chirurgien. En le relisant aujourd’hui, je m’aperçois que le « client » semble déjà mis en accusation tant l’énumération de « ses devoirs » est importante. Ce « consentement », rédigé par le chirurgien seul, introduit dès l’amont l’inégalité du rapport. Le « client » ne peut laisser d’écrit quant à ses propres exigences. Ce n’est pas, comme il le précise, un « consentement éclairé mutuel ».
En me remettant son devis, pour vous dire la précipitation avec laquelle ille fit, il ne prit même pas le temps d’écrire mon prénom en entier. Le nom du laser ne fut pas précisé. Il m’imposa, dès cette 1ère consultation, une anesthésie générale, avant même d’avoir vu l’anesthésiste, ce qui n’est pas la règle dans ce type d’opération, en général pratiquée sous anesthésie locale, à cause de mon état « anxieux », me dit-il.

Mesdames et Messieurs, je vous pose la question : un client « sain » mais « anxieux » doit-il être opéré ?
Il me dit pouvoir le faire « la semaine prochaine ». Dans son « consentement » il est stipulé, je cite : « le délai de 15 jours peut être toutefois réduit à 7 jours à la demande expresse de la personne examinée qui devra mentionner elle-même et de manière manuscrite et signée cette demande, sur le présent avis ». (Sans commentaire !).
Ce passage traduit sans équivoque l’esprit malhonnête de J.F. ; quelle personne saine souhaite, d’elle-même se faire opérer 7 jours après la première consultation (en express comme il le dit), n’est-ce pas forcer la main du « client » en lui proposant comme si cela venait de lui un délai aussi court loin de sa pensée.
F. m’offrit la possibilité de payer en plusieurs chèques "2 ou 3" sans que je lui en fasse la demande.
Il fixa finalement l’opération 20 j ours après cette 1 ère consultation. il me prescrivit une crème de préparation au laser, Néostrata, à base d"hydroquinone" substance totalement abandonnée aujourd"hui" après constatation de terrible dépigmentation et très déconseillée aux peaux fines comme la mienne. Or cette crème, je l’ai appris doit être appliquée un mois avant minimum. Ayant été opérée 20 jours après je ne l’ai appliquée que deux semaines.
Il me dit cependant si je voulais le voir avant l"opération de venir à son cabinet du l6 ème rue V.
Je réalise aujourd"hui l"implacable processus de manipulation mentale très fréquente avoue un médecin chirurgien ( P.N.) dans « Que Choisir » de dévalorisation d’humiliation du client.
Commencée avec M. elle s"est terminée avec F. dans son paroxysme. Ajouté au non-dit des risques le « client » fragile tombe vite dans le piège celui de l’intimidation, de la paralysie presque devant un homme à l’assurance et l’aplomb éclatants.
Entre ce jour de première consultation et la date de l"opération fixée par F. je le visitais 3 fois volontairement. 2 fois à son cabinet, 1 fois à la clinique. Chaque fois en m’excusant presque car à nouveau F. se contentait de répondre très succinctement aux questions. Ainsi pour que la relation ne soit pas mauvaise et afin de solliciter les réponses le client se doit d’épargner le chirurgien.

Ce jour là, vers 20 h, alors que j’ étais la dernière cliente, c’ était souvent le cas,
un homme entra dans la salle d’ attente ; il se présenta à moi, engagea la conversation. Il alla jusqu’à me demander, d’un ton charmeur, pour me revoir, mon numéro de téléphone. Je ne sais pourquoi je le lui ai donné. Il se dit dermatologue, ami de F. Il me dit avoir été opéré des paupières supérieures, il y a longtemps, en être très satisfait. Il ajouta que F. était très compétent, très grand chirurgien me dit-il, et que c’était une opération formidable.
Mon sentiment aujourd’hui, j’en suis certaine, cet homme ne s’étant plus manifesté, est que F., sachant que j’avais rendez-vous ce jour là, lui a demandé de venir et de me parler. L’insistance de I ’homme et les flatteries pour F. étaient trop évidentes.
Quatre jours avant l’ opération, je me rendis à son cabinet, au cadre d’ « esthète » . Je lui demandai quel était le nom du laser. Surpris, nerveux, gêné, il me répondit, brutalement : « laser Co2 ultra pulsé », sans rien ajouter. Je le priai de l’inscrire sur le devis, engagement précisé dans le « consentement », ce qu’il n’avait pas fait.
A ma question, concernant la journaliste de la Cinquième, N. B., pensant qu’elle avait été opérée des paupières, je lui demandais s’il s’agissait de lui. Il esquissa un sourire en me disant : « je ne peux pas vous le dire, c’est le secret médical », mais il me fit comprendre qu’il en était l’auteur ; ce qu’elle nia, lorsque je le vérifiai après l’opération, n’ayant jamais été opérée.
A 7 h du matin, je me rendis à la clinique Ste.S. J’avais conscience que, par son aspect vieux, vétuste, elle était très différente de la clinique de S.S. à St Cloud. Mais ce que je ne savais pas, c’est que de nombreuses autres pathologies y étaient traitées, l’esthétique n’ étant pas, de loin, la plus importante.
F. ne vint pas me voir avant l’opération. Je ne le vis que dans le bloc. Il ne me dit même pas bonjour, sa seule phrase fut celle-ci : « Ah, je pensais que vous n’alliez pas venir ! », c’est vous dire qu’il savait mon incertitude et mon anxiété quant à cette opération. Je lui dis : « vous voyez, Docteur, comme je suis courageuse ». « Oui », me répondit-il, sans rien ajouter, sans me rassurer.
Par cette réponse froide, je pense aujourd’hui que je savais qu’il me fallait sauter de la table d’opération et m’enfuir. Je pense que la timidité et la peur que j’ avais de F. m’ en ont empêchée. Il ne m’avait pas demandé de lui apporter de photos de moi, la seule et unique qu’il prit fut une photo polaroïd.
L’infirmière se saisit de mon bras et je sentis l’extrême violence de la perfusion qui rn’ abîma définitivement les veines, les rendant proéminentes, à jamais, alors qu’ elles étaient, jusque là, totalement invisibles.
A mon réveil, vers 2 h, je pensais que F. allait venir. Je l’ attendis j’usqu’ à 6 h du soir, il ne vint pas. Je me retrouvai dans la rue, la vue très voilée.
En rentrant chez moi, je m’ aperçus immédiatement, en me regardant dans le miroir de très près, que ma vue n’ était plus la même. 3 heures après, le fil du coin interne de la paupière droite craqua. Je téléphonai à la clinique et demandai que F. m’appelle. Il ne le fit que 2 jours après, le jeudi. Il me dit que ce n’était rien, que ma vue allait revenir et que je le verrai le lundi suivant à sa clinique.
Le vendredi, après avoir fait ôter les fils et le pansement, je constatai le désastre, confirmé au cours des mois suivants ; toutes les conséquences citées plus haut, non évoquées dans les consultations préopératoires, étaient présentes : vue en baisse, yeux en forme d’oeuf, regard louchant, vitreux, fixe, dur, hagard, illuminé, angoissé, fatigué, pli cutané dans les coins externes, amollissement de la peau, ptose des sourcils, asymétriques, modifiant le front en l’ agrandissant, cicatrices grossières, gonflantes, granuleuses, très apparentes, très rétractiles, provoquant des rides frontales, cicatrice d’enfance, à l’origine mince et courte, allongée, élargie, abaissée, incision irrégulière, paupières supérieures couvertes de vaisseaux rouges (télangiectasies ), veines éclatées, cils brûlés, ne se redressant plus, bord libre durci, kyste, creusement des paupières inférieures dues à la fonte de graisse, poches, peau très amincie, flétrie, fripée, formant des vagues, des cloques, nombreuses striures semblables à des rides, paupières inférieures décollées, retournées, pendantes, rendant tout maquillage impossible, mort du tissu cellulaire avec oedème facial, aujourd’hui, définitif, m’a-t-on dit, provoqué par l’extrême puissance du laser et sans doute le pansement occlusif trop serré, (pansement souvent contre-indiqué).
Le lundi suivant, il parut très satisfait et me dit que je pouvais lui offrir une bouteille de Champagne. Il nia toutes mes remarques, ne répondit jamais à mes questions, ainsi que sa secrétaire. La certitude de l’ excellence de son acte, asphyxiait sa personne. Sa seule prescription fut celle de la crème « Néostrata », à base d’hydroquinone, folie totale sur une peau si martyrisée. Il me fit également une ordonnance pour un dennatologue ami, afin de me traiter au laser les télangiectasies ; le cabinet de ce dennatologue, Dr B., distribuait volontiers des imprimés publicitaires pour le « Néostrata ». Je refusai le laser.
F. me dit soudain que ma peau était mate. C’est alors que, pour moi, le monde s’écroula. Cette phrase me fit brusquement comprendre combien j’avais été « dupée ». Je savais, par mes lectures, qu’en aucun cas le laser ne devait être appliqué sur une peau mate. Je lui dis combien elle était blanche, par mes origines et la réalité ; il persista dans l’ affirmation du contraire. N’en croyant pas mes yeux, pour vérifier à nouveau son « honnêteté » je lui demandai son avis sur une autre partie de mon corps, qu’il me proposa aussi d’opérer.
Je sortis en larmes, désespérée. Pendant 8 mois je le visitai, volontairement, chaque semaine le lundi. Aucune réponse de sa part, une constante autosatisfaction. Il me demanda si j’avais vu S.S. et ne cessait de se comparer à lui, en me défiant constamment. Cyniquement, il me disait : « allez le voir vous croyez qu’il aurait mieux fait, attaquez-moi, vous me pourrissez la vie ! » .Seul son bien-être personnel lui importait.
J"étais dans un désarroi extrême. Jamais il ne m’a appelée, pour me rassurer, me donner une quelconque assistance, aucune compassion, aucun émoi pour la victime, une insultante froideur, indifférence, inhumanité. Le Dr C., de la Cinquième que j’avais contacté ne répondit jamais à mes appels et à mon courrier. Une journaliste de son émission brilla par la dénégation et la protection systématique de F. je ne sais quels sont leurs liens ?
Ma peau, l’ectropion, mon expression, ne s’améliorant toujours pas, je me rendis chez un médecin chirurgien. Celui-ci ne m’apporta aucune réponse, aucun réconfort.
Étant dans la solitude la plus absolue je réalise qu’à l’époque, il y a eu en moi une attitude semblable à celle du syndrome de Stockholm : pour se protéger, dans l’espoir de la disparition du mal, de la souffrance, la victime, subordonnée, s’accroche à son bourreau, pensant que son sort est entre ses mains et que lui seul peut la sauver. Je le flattais, lui disais qu’il était un grand médecin, que le confrère n’avait pas fait de critiques, etc. ..
Au bout de 8 mois, je me rendis chez une ophtalmologue : ma vue de près était passée de + 1 à +2,25, baisse importante en si peu de temps (due bien sûr à l’aspiration de la graisse par le bistouri laser dont il ne m’avait pas informée de l’utilisation).
J’appris la fermeture de la clinique Ste.S., pour manque d ’hygiène sécuritaire, m’a confié un médecin chirurgien ainsi que la DASS que je contactai, ce que nie J.F.
J’appris aussi que le Service Juridique de la Direction Départementale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes fut informé de plaintes concernant F.
Le Docteur V., Président de l’ Association Française de Chirurgie Esthétique, m’informa de sa connaissance d"autres femmes abîmées par lui. Je commençai alors à visiter des médecins, certains également, déjà avertis de victimes de F., les ayant reçues ; un autre, me faisant part de sa médiocrité à l’université.
Le Docteur S.B., expert auprès des tribunaux, constate , je cite : « une modification très apparente, par rapport aux photos préopératoires ». F., à qui je montrai ce certificat, me dit, je cite : « B. se venge car j’ai moi-même récupéré une de ses patientes ».
Je contactai le Docteur F.son père, chirurgien plastique également, et sa mère, psychothérapeute, (ironie de la profession), qui m’ éconduirent violemment.
Chaque chirurgien auquel je m’ adressais me proposait une solution différente : incision sur le dessus du crâne pour faire descendre la peau, lifting temporal, mask-lift" canthopexie, attache à l’ oreille. J’étais anéantie.
Depuis presque 3 ans, je me masse la peau en fixant le miroir, ma vue de loin est à +6/10è, alors qu’elle était excellente avant l’opération ; ces massages intensifs provoquent divers symptômes : crispation du nerf optique, atteinte de la cornée" infections, douleurs dans les oreilles, bouillonnement constant du cerveau, que je sens parfois à la limite de l’hémorragie cérébrale, spasmes faciaux semblables à ceux de la paralysie.
Le stress, malgré les anti-dépresseurs prescrits par la psychiatre de l’ hôpital St Anne que je vois régulièrement, n’ atténuent pas les sensations de poids dans le creur et le thorax. Je comprends aujourd’hui, combien toutes les parties du corps humain sont liées, le déséquilibre de l’une d’entre elle, physique ou moral, influence toutes les autres, c’est l’idée essentielle que l’on doit révéler au simple quidam, inculte en anatomie humaine.
J’acceptai finalement, ce que l’ on nomme une tarsoraphie, la relève du canthus externe par la pose de fils internes. il y eut 2 opérations sans résultat positif, au contraire, qui m’ arrachèrent le bulbe pileux, et accentuèrent l’ affaissement du tarse, lorsque sous la douleur des fils, douleur jusqu’à ce jour présente, je les fis, après plusieurs mois, ôter.
Ma peau et mon expression ne s’améliorant pas, je tentai, malgré les immenses dangers, une greffe de peau et de graisse, prélevée sur l’abdomen. La paupière s’est un peu recollée mais la greffe, lourde, me fait souffrir et bien qu’ elle ait heureusement pris, a provoqué une fibrose. La graisse a formé sur le visage, des bas joues, des asymétries, sur le ventre également.
Lorsque F. vit la greffe, il me dit avec arrogance et ironie, je cite : « elle est belle ! » . Une seule fois, dans l’intimité de son cabinet, « car vous êtes plus calme » me dit-il, la victime devant forcément se soumettre, il consentit à me parler et reconnut, qu’ en cas de procès, il allait perdre. Lorsque je lui fis remarquer combien cette chirurgie ne reposait sur rien, qu’ elle détruisait forcément, je compris par son silence, qu’il le savait.
A ce jour, toutes mes économies ont été dépensées. Je demandai à F. de me rembourser l’opération. Avec agressivité, il me dit qu’il n’en était pas question ; sur mon insistance, il finit par me dire : « on vous remboursera, adressez-vous à mon assureur ! » ; ce que je fis, par courrier recommandé ; celui-ci, malgré mes nombreux appels, ne m’a jamais répondu. N’étant pas la seule victime, je pense qu’il attend d’y être contraint par la loi.
Vous n’êtes pas sans ignorer, c’est l’actualité, que les assureurs refusent de plus en plus d’assurer les cliniques et chirurgiens, surtout ceux spécialisés dans la chirurgie plastique, le nombre de plaintes étant de plus en plus élevé.
Il ne faudrait pas que la discipline chirurgicale, celle, indispensable, nécessaire à la santé, soit sacrifiée à cause d’une chirurgie qui, elle, n’a aucune justification d’être,
aucune légitimité, lorsqu’elle s’adresse, pour l’argent, à des personnes saines, sans défaut physique. Le choix désormais opposera, forcément, l’une à l’ autre.
N’ayant plus d’armes, je décidai en me rendant à sa clinique et son cabinet de m’adresser directement à sa clientèle ; c’était l’ultime geste d’une victime à bout, effondrée. F. fit appeler la police, ainsi qu’un huissier, porta plainte contre moi, « la victime », pour « menace de mort », tactique évidente pour tenter de faire digression. (Le Docteur M.C., irrité par mon courrier, vraisemblablement peu à l’aise, me menaça également d’un procès. Je n’ai jamais menacé de mort J.F., ma seule phrase a été celle-ci : « si j’étais, comme vous, une criminelle, je pourrais vous tuer, malheureusement, je ne le suis pas »,ce qui est très différent.
J’ai été convoquée 2 fois à la police, pour procédure pénale, intentée à mon encontre, par J.F. Cette affaire concernant un problème médical, le Procureur de la République, sur Rapport du Commissaire, a demandé une enquête complémentaire. Après ma seconde déposition, le Capitaine de Police, avant de la transmettre au Procureur, m’a demandé si je voulais entamer, à mon tour , une procédure pénale, ce que je vais sans doute faire.
A yant obtenu l’ « aide judiciaire totale » , accordée aux personnes sans emploi, un procès civil est intenté ; sans cette aide, je n’ aurais pu le faire.
Le Ministre de la Santé a, je le sais, lu personnellement le courrier que je lui ai adressé.
Le Dr. B., associé actionnaire de la clinique S., nouvelle clinique de F., dont il fallait accroître le budget, grâce à mon opération, à celle de T. et des autres, notamment, va j’usqu’ à pénétrer les journaux de protection des consommateurs, ce qui est un comble, se référer toujours au « Hors Série » de « Que Choisir » sur la chirurgie esthétique pour prodiguer des soi-disant « conseils », afin d’apparaître au-dessus de tout soupçon et favoriser ainsi le recrutement de la clientèle : la plus belle des femmes sera toujours opérée ! J’ai supplié la direction de « Que Choisir » de refuser de citer les noms de ces chirurgiens. Il serait bon, également, d ’y obliger les médias dans leur ensemble.
Les associations elles-mêmes jouent parfois un double jeu, se créent, pour également augmenter leur clientèle, les consultations et l’inscription étant payantes, et fournir certains chirurgiens en leur envoyant les victimes massacrées moyennant une ristourne. L’ une d’ elles, celle de l’ A. , citée dans « Que Choisir » , de M.B., que l’ on voit souvent à la télévision, trompe les personnes.
Malgré sa destruction physique personnelle, cette femme, reste, dit-elle, partisane de ce type de chirurgie avec qui elle entretient des rapports troubles. Ainsi, les informations données ne concernent que de soit-disant mauvais ou bons chirurgiens alors qu’en fait c’est, pour moi, toute la chirurgie dite esthétique , destructrice , qu’il faut remettre en cause, car il s’agit de clients sains, seule la chirurgie réparatrice, celle des victimes d’accidents ou de maladies peut être acceptée et justifiée.
Mesdames, Messieurs, aujourd’hui, je suis une femme morte, en grande souffrance, défigurée. Ma santé physique et psychique se détériore, ma vue est considérablement en baisse, l’état de ma peau, détruite, ne s’améliore pas, l’oedème facial, je le rappelle, étant définitif ; mon visage est en permanence crispé. Tous mes gestes quotidiens se font au ralenti et la toilette dans l’ obscurité. Je ne fais plus de sport, indispensable pour ma santé, ayant les os très fragiles.
Je n’ai aucune relation sociale, familiale, amicale, pas de vie sexuelle et affective depuis l’ opération, il y a presque 3 ans.
Je ne peux travailler, étant physiquement et psychiquement si atteinte ; mes projets professionnels, rêvés depuis longtemps, sont anéantis. La Cotorep étudie actuellement mon dossier pour statuer sur mon état d’ invalidité.
Comment, Mesdames et Messieurs, en suis-je arrivée là ? Je ne cesse bien sûr, avec l’ aide de ma psychiatre de tenter d’ en trouver les raisons.
Il y a 20 ans, face à un oto-rhino me proposant de m’ opérer le nez, sous prétexte que je respirais mal alors qu’il n’en était rien, j’avais compris à l’époque, la malhonnêteté de l’homme.
Mais ici, il s’agissait d’une femme, se considérant comme belle, je l’avoue sans vergogne, satisfaite de son physique.
J’étais, malgré un divorce récent et une situation de chômage, pleine d’espoir pour l’avenir.
Je pense aujourd’hui, en m’attardant sur ma vie, que le point essentiel est, sans doute, celui que l’on nomme « l’estime de soi », celle qui concerne l’inconscient, qui porte la marque des manques, des humiliations, des souffrances subies dans l’enfance, ce qui a été mon cas et qui a probablement contribué à affaiblir en moi les armes individuelles, celles de chaque être, face au danger, celui des rapaces, des loups, sans scrupules à l’identité si affirmée, à la Science si triomphante, qu’elle domine forcément , intimide les plus faibles jusqu’à la résilience des blessures passées.
Pourquoi suis-je allée vers l’homme qui, inéluctablement, par son attitude, allait le plus m’abîmer, me détruire ; sans doute, le fantasme de perfection, intensifié en sa présence, qui comme on dit : « en imposait », mêlé à l’autodestruction, c’est souvent le schéma classique ; il a, grâce à F., fonctionné, dans toute son ampleur.
Le crime est qu’il savait, que face à lui se trouvait une personne fragile, incertaine, mais surtout belle, sans reproches et qu’une opération, forcément, ne pouvait qu’enlaidir.
Voyez-vous, Mesdames et Messieurs, c’est aussi moi, la victime, qui me met en accusation, victime du statut de sacralisation du médecin, ne pouvant ou refusant d’imaginer qu’il pouvait donner la mort.
Mais, Mesdames et Messieurs, je vous supplie de croire que, si F. m’avait informêe, ne fut-ce que des télangiectasies, de la fonte de graisse, de la destruction du derme naturel, de la ptose des sourcils et de la modification de ma cicatrice d’enfance, ne fut -ce que cela, j amais, j amais, je ne me serais fait opérer.
Je sais encore aujourd’hui que F. continue à détruire des femmes, l’une récemment, brûlée au cou par le laser.
Mesdames et Messieurs, au-delà de mon cas personnel, je vous demande d’assumer votre rôle capital, celui de la protection de l’individu et surtout des femmes, car, là encore, il s’agit du pouvoir et du diktat d’une certaine catégorie d’hommes sur les femmes, l’immense majorité de ces chirurgiens étant des hommes. Si cette médecine n’est pas reconnue officiellement, ni par le Conseil de l’Ordre, me semble-t-il, seuls les diplômes le sont, ni par la Sécurité Sociale, certains chirurgiens étudient, je l’ai appris,
l’opération des paupières en 3 /4 d’heure, c’est qu’elle ne repose sur rien.
Vous savez combien l’ on manque de chirurgiens en France, dans ce domaine, ils sont légion. L’argent, bien sûr, en est la seule et unique raison. La nouvelle profession des médecins dits « esthétiques » s’accroît aujourd’hui, également, considérablement. Une fois de plus, ce mois-ci, le dernier numéro de « Que Choisir » titre sur les nouvelles méthodes « anti-rides », certes sans en masquer les dangers : laser et, je cite, « son irréversibilité », toxine botulique, mais ne pas en parler serait encore mieux.
Ces chirurgiens confondent volontairement, pour l’ argent, le désir de certaines de changer ou modifier leur personnalité et celles qui ne veulent que tenter de lutter contre le temps, la chirurgie, et c’est le point crucial, ne pouvant en aucun cas y remédier, bien au contraire ; la « cliente » sera forcément victime : les femmes riches et connues en sont, elles aussi, le cruel témoignage ; il n ’y a en fait aucune logique à ôter de la peau ou de la graisse, provoquant inévitablement l’ effondrement des tissus environnants et la modification des traits, à utiliser des lasers ou des substances qui violentent la chair.
Il faut dire la vérité, dans les médias, dire qu’une opération substitue toujours l’ asymétrie à la symétrie de la nature, souvent parfaite, comme pour moi symétrie, qui pour les Grecs était le signe de séduction, qu’il y a des conséquences post-opératoires graves, que l’identité de la personne peut être terriblement atteinte. La déformation professionnelle de ces chirurgiens est telle que l’un d’entre eux me demanda si j’avais fait refaire mon nez ; si habitués à détruire, ils ne peuvent accepter la grâce naturelle, le souci d’esthétisme, n’étant, de loin" pas la première des motivations.
Ces hommes, quelques femmes aussi cependant, à leur image, malgré une attitude lénifiante que l’on sait, avec l’ expérience, peu naturelle, apparaissent souvent comme des êtres froids, glacials, que j’attribue essentiellement, non pas à la substance humaine, leur quotidien, la graisse, la chair, le sang mais au fait que cette chirurgie provoquant des dommages réels, irréversibles et le sachant, bien sûr les met considérablement mal à l’ aise ; la justifier par le discrédit physique du client, en vanter les mérites, en omettant les risques, les banaliser, ne doit pas, loin de là, épanouir une personnalité.
F. a eu, pour rentabiliser sa clinique, une attitude de boucher : le combat post-opératoire est, dés le départ, inégal : c’est David contre Goliath ; malgré des procès de plus en plus fréquents, faiblement indemnisés, les oiseaux se cachent pour mourir, c’est le cas de certaines de ses victimes.
Mesdames et Messieurs, lorsque la victime s’adresse à vous., il faut l’ accueillir
en tant que telle, avec respect, sans soupçons et non pas en accusée, son statut étant déjà- inégal, puisque, seulement, entendue en tant que « témoin », l’informer rapidement sur ses droits à la convocation d’une audience devant le Conseil de l’Ordre.
Il vous faut dénoncer la manipulation mentale, le mensonge, le conditionnement de la personne, la dévalorisation de son être, si puissante, qu’elle lui fait à l’évidence de l’opération, pour une majorité de femmes, c’est ce que l’on nomme « lavage de cerveau », bien connu dans les sectes : je n’étais plus moi-même, j’étais entrée dans un tunnel dans lequel je ne parvenais pas à sortir ; j’avais, je le précise à nouveau, à l’époque, une vie extrêmement solitaire ; mon horizon était devenu le leur.
Chaque année, il y a de nombreuses victimes, des femmes en meurent parfois. Si on ne peut faire interdire cette chirurgie, il faut aider le législateur à imposer une première visite gratuite, une consultation, avant chaque opération dite « esthétique », d’un psychologue, d’un médecin généraliste ou spécialiste de la partie du corps ou du visage à opérer et d’une association « honnête » de victimes, « indépendants ».
Il serait bon aussi que le « consentement préopératoire » soit égalitaire, c’est à dire, écrit par les deux parties, ce qu’exige précisément le « client », ce que propose le chirurgien, ses engagements, et parallèlement, ce qu’il ne peut promettre à cause de tel ou tel risque, un ACCORD DE RECONNAISSANCE MUTUEL ( P.N) tel que son nom l’indique, jusqu’ici « non mutuel » contrairement à ce que F. écrit.
Il faut une contre voix, conseiller au profane pensant se faire opérer, pour une connaissance plus scientifique, nécessaire, la lecture d’ouvrages, dans les librairies médicales, spécialisées en chirurgie, réservés aux étudiants en médecine et non pas celle des multiples livres écrits par ces chirurgiens, la présentant comme « allant de soi », en en masquant les réels dangers, afin d’ attirer la clientèle. Si cela avait été fait, de nombreuses victimes auraient été épargnées.
Pardonnez-moi, je l’ose, il n’y a pas, pour moi, de difference entre le Dr Mengele d’Auschwitz et ce type de médecins : dans les deux cas il s’agit de destruction, de crime contre l ’Humanité, la seule difference, c’ est que Mengele ne détruisait pas pour l’argent.
Moi, la victime, je me sens comme une femme violée. J’ ai honte en tant qu’être humain, j’ ai honte, en tant que femme, j’ ai honte, en tant que juive : je pense à toutes les victimes des camps, mais aussi à toutes celles d’aujourd’hui, du Rwanda et d’ailleurs j’ai honte, au nom de toutes les victimes, celles qui, malgré elles, sont atteintes dans leur chair car je me suis, par ma fragilité, jetée dans la gueule du loup et je le paie terriblement aujourd’ hui.
Je m’adresse à vous, en tant qu’Institution, en tant qu’Ordre, tel que votre nom l’indique, Son devoir, Sa fonction, première, sont ceux de la morale, de l’éthique que réclame pour moi, pour T. et les autres, les victimes passées et à venir, au nom aussi des médecins et chirurgiens honnêtes, ceux, indispensables à la préservation de la vie humaine, dans leur intérêt, pour l’honneur de votre Ordre, « Justice ».
J’ai perdu le goût de vivre. J.F., a gravement atteint mon intégrité physique et psychique et jamais il ne pourra me la redonner.
Cet homme, assoiffé de profit, indigne d’être médecin, a, pour l’argent, détruit ma vie, je vous demande de le sanctionner.
Merci.
Paris, Angélique.


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